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Mon petit livreur de journaux s'appelle RSS

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Mon petit livreur de journaux s'appelle RSS
Les nouvelles viennent en foule, beaucoup à la fois et de partout, elles viennent nous abrutir d'une cacophonie permanente où plus rien n'est hiérarchisé, plus rien ne fait sens. A côté des grands pourvoyeurs historiques d'actualités, (presse papier, audio-visuelle et leurs avatars multimédia) et des nouveaux acteurs professionnels tout numériques, chacun peut aujourd'hui y aller de sa petite news : un petit coup de blog, un joli tweet, un bon post Facebook bien envoyé, et toc ... un commentaire sur un forum, et des milliards de terriens deviennent producteurs de contenu. On ne lit plus que les titres et à peine : on partage.

Les grands comme les petits s'adonnent à cette passion toxique, sans peser l'importance de l'info, dans juger de sa pertinence. La quantité prime sur la qualité, dans l'objectif de ce nouveau capitalisme où la réputation se cote et se rémunère. Il n'importe pas d'être un expert, mais de faire un max de bruit et d'avoir un max de fans. C'est ça qui paye.

Comment surnager dans cette mer de (en 2 mots) nouvelles qui nous submergent ?

Quand un article de notre génial et satirique Gorafi peut être repris à l'identique dans les médias du monde entier qui se copient tous les uns sur les autres, sans honte et sans vergogne, comment les vrais consommateurs de pure info peuvent-ils trouver leur petits dans ce foutoir grouillant et bavard ?

Moi, je survis grâce aux RSS.

Mais je ne suis pas sectaire et comprendrai que vous préfériez les flux ATOM.
C'est quoi ces trucs ? Oh, ce sont des formats de communication qui datent de l'an 2000, de belles antiquités à l'échelle de l'Internet. Et qui fonctionnent encore très bien.
Vous arrive-t-il encore parfois de voir dans la barre de votre navigateur une petite icône qui ressemble à ça ?

Cela signifie que le site que vous lisez propose ses actualités sous un format que vous pourrez lire ailleurs, dans un logiciel dédié, ou dans votre Thunderbird ou dans une section de votre navigateur. Cette liste d'actualités est mise à jour en temps réel ou selon un rythme que vous spécifiez. Et surtout tous ces flux RSS ou ATOM peuvent être assemblés, classés, au même endroit que les autres pour que vous puissiez vous constituer votre journal à vous, dont vous aurez choisi les sources, qui sera toujours à jour et dont vous pourrez aussi archiver les items ou les jeter à la poubelle. Ou même encore les commenter et les partager, si c'est votre truc, après tout. Puisque je vous dis que je ne suis pas sectaire.

Un clic sur l'icône et votre navigateur vous affiche une page avec les nouveautés du site telle que celle-là : https://actu.revestou.fr/?do=dailyrss Assez brute de décoffrage, il faut avouer. Mais tout y est avec les liens et les images s'il y en a. Certes comme ça, ce n'est pas très engageant, même si l'on recherche de l'info pure et dure sans chichi. Mais ce n'est pas destiné à être consommé tel que : on peut ajouter les flux à un lecteur. Le père de tous les lecteurs, à mon sens, c'était Google Reader. Un concentré d'efficacité, de fonctionnalité et d'ergonomie. Qui a disparu comme bien des merveilles de Google. Car ce sont bien toutes ces Googleries au fil des ans qui nous ont guidés dans le monde mystérieux de l'internet, nous y ont appris à nous déplacer, échanger par mail, rechercher l'info, la gérer et en tirer profit.

Je ne dis pas là que Google serait un généreux philanthrope, puisque l'on devait bien troquer ces prodigieux services contre nos données persos ou notre attention pour ses pubs juteuses. Je dis que Google a popularisé l'Internet, l'a rendu plus aisé, plus accessible. Et si aujourd'hui Google passe au payant et nous laisse orphelins sur le bord du trottoir, ce n'est pas lui qui a trahi, c'est nous qui avons rompu le contrat avec les antipubs de nos navigateurs et nos législations protectrices des données personnelles. Notons que l'internaute basique n'avait jamais exercé réellement son libre arbitre dans cette histoire, ni dans la signature d'un contrat obscur, ni quand les législateurs on décidé pour lui ce qui est le mieux pour lui.

Framanews et ma rencontre avec la liberté

Donc, à l'époque où Google me tenait par la main dans mes vagabondages en pays d'Internet, j'avais le choix, pour étancher ma soif d'infos, entre le Google Reader et les Google Actualités. Les Actus me gavaient d'infos sélectionnées, prémachées, calibrées et adaptées à mon profil tel que défini par Mr Google, me laissant peu de marge de personnalisation. Et depuis 2005, le Reader de RSS produisait de l'info brute, intégrale, sans commentaire, exclusivement à partir de flux que j'avais choisis. Et que je pouvais classer, archiver, partager etc Vous avez déduit finement quel service avait ma préférence. Aussi quand Google Reader a disparu des écrans le 1er juillet 2013, je suis restée de nombreux mois à errer comme une âme en peine, à tester, à m'enquérir et à grincher sur les forums. Quand soudain de Framanews la lumière vint. Certes Framasoft avait prévu que son lancement coïnciderait avec la mort de Google Reader. Mais je ne l'ai pas vu sur le coup ou je n'ai pas su obtenir un compte de suite. Et depuis c'est le bonheur : je consulte mon compte Framanews depuis l'ordinateur ou le téléphone, exclusivement à partir de sources que j'ai sélectionnées, sans publicité et sans collecte de mes données personnelles. Et j'utilise une solution LIBRE !

Mais j'ai pu faire plus fort encore. Plutôt que de dépendre encore d'une entité extérieure, fut-elle libre et généreuse, j'ai voulu installer sur mon hébergement une instance de TT-RSS, le logiciel lecteur de RSS utilisé pour Framanews. J'ai hésité quelques temps à passer le Rubicon pour cette histoire-là, parce que la présentation et le mode d'emploi, tout en Anglais, regorgeait de termes techniques, dans une expression volontairement hermétique destinée de toute évidence à décourager les béotiens. Avec toutes les 2 lignes un avertissement méprisant sur le thème : si vous n'avez aucune notion de ce qu'est le [$!*§#&], passez votre chemin, vous êtes trop nuls. Comme le ton et l'arrogance me déplaisaient fortement, j'ai voulu essayer par esprit de contradiction et j'ai réussi à l'installer ce fichu TT-RSS, non pas sur un serveur dédié, non pas en lançant des tâches CRON en ligne de commande, mais avec la technique imparable (ou impayable) à la Kat : par itération, en appuyant sur tous les boutons sans trop comprendre jusqu'à ce que ça passe. Et ça marche ! Faut-il qu'il soit bien foutu, ce logiciel.

C'est là, c'est le nouveau BlackLand. Mais vous n'y verrez rien sans y avoir un compte, qui vous permettrait d'y lire non pas mes choix de fils RSS, mais les vôtres, que vous aurez sélectionnés pas à pas avec amour et soin.
Enfin, si je me décide à ouvrir mon instance à d'autres, ce qui est loin d'être certain. Mais vous pouvez toujours demander.