Vers la fin des services gratuits

On nous avait bien rabaché depuis toutes ces années, que tous ces merveilleux services de Google ne sont pas vraiment gratuits, puisqu'en contrepartie, Google exploite nos données personnelles et les monétise. On s'en contentait, on faisait l'autruche, vu que c'était tellement pratique, tellement confortable : on s'en contrefoutait. Et puis sont venus tout un tas de Cassandre qui se sont occupées à notre place de ce qui est mieux pour nous. On sait tous que les internautes ont si peu de jugeotte qu'il faut les considérer comme des incapables sous tutelle et les assister dans la gestion de leur vie quotidienne. Et donc de leurs données personnelles.

Ahhh ! la protection des données personnelles ! Voilà-t-i-pas que nos Don Quichotte de technocrates européens se sont emparés de ce cheval de bataille et nous ont concocté ce magnifique réglement truffé de normes comme ils savent si bien faire : le RGPD, qui va mettre fin, de façon impérative, au système de troc que nous avions conclu (plus ou moins sciemment, il est vrai), avec les géants d'internet.

Dorénavant, nos données nous appartiennent, Google &Co ne peuvent plus les exploiter. Et comme ils ne reçoivent plus de paiement en nature et que ce ne sont pas des philanthropes, ben les utilisateurs vont devoir passer à la caisse. Vi vi vi.

Oh tout en douceur, bien sûr, mais inéxorablement. Il est génial ce gmail et vous l'avez depuis des lustres (le mien date de 2004) et il vous sert à vous connecter partout partout. Vous n'imaginez même pas la montagne de formalités pour retrouver tous les utilisations que vous en avez si d'aventure il vous prenait l'idée saugrenue d'en changer. Enfin il était génial.

Je vous avais alertés ici-même en février quand je ne pouvais plus envoyer dans un Gmail de pièce jointe avec fichier javascript, même scellé dans un zip. Et c'est bien sûr le plus grand des hasard si cette date a coïncidé avec le lancement d'un service d'hébergement dans les nuages de Google. Un petit peu gratuit, mais pas trop, donnez moi donc vos coordonnées bancaires pour que je vous facture dès que ça dépasse. Et ça viendra vite, cha ch'est chûr.

Et là, hier, même topo pour GoogleMaps. J'utilise depuis des années le merveilleux logiciel TNG pour travailler ma généalogie en ligne. J'ai récemment dû spécifier une clé API dans les paramètres Maps de mon TNG. Je croyais qu'il fonctionnait bien avant, mais il semblait que je devais le faire, d'après le fichier d'aide de TNG qui disait.. :


À partir de juin 2016, vous devez obtenir une clé de carte de Google afin d'utiliser Google Maps sur votre site.


Mais je viens de recevoir un email de Google expliquant que les termes ont changé, que Google Maps Platform (nouveau nom pour Google maps) lance un nouveau plan tarifaire le 11 juin. Et que je dois créer un compte de facturation et fournir mes coordonnées bancaires. (Bien sûr, il y a un peu de gratuité pour ce service, mais en fonction de la fréquence d'utilisation, ça pourra devenir payant, donc donnez-nous vos coordonnées bancaires pour continuer à utiliser le service)


Ma première réaction est de me demander si le courriel est authentique.


Et, s'il est authentique, j'ai demandé sur le forum TNG s'il est possible de mettre en œuvre une solution alternative comme Open Street Map, comme ce que j'utilise de manière très pratique sur mon album photo en ligne, Piwigo.

Mais l'aventure n'est pas terminée pour autant, parce que le partage du code est en voie d'être mis à mal par ce projet de nouvelle législation sur les droits d'auteur. Grâce à l'ingérence européenne, les codeurs vont être eux aussi protégés malgré eux . L'April, Framasoft et le monde des libristes s'alarment eux aussi : "L'article 13 de l'actuel projet de réforme du droit d'auteur fait en particulier peser des risques sur le logiciel libre et ses communautés. Cet article imposerait aux hébergeurs de contenus, comme les forges logicielles, de mettre en place un filtrage automatique des contenus, par exemple du code mis en ligne par leurs utilisateurs et utilisatrices."

Lire l'appel de l'euro-députée Julia Reda.

Puisqu'on vous dit que c'est pour vous protéger.